La France et l'Allemagne poussent une nouvelle arme commerciale de l'UE en Chine

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Emmanuel Macron et Friedrich Merz veulent que Bruxelles obtienne de nouveaux pouvoirs pour réagir en quelques jours aux pratiques commerciales déloyales, alors que les préoccupations concernant les importations chinoises et l'avenir industriel de l'Europe s'intensifient.

La France et l'Allemagne préconisent un nouveau mécanisme commercial de l'Union européenne puissant qui pourrait permettre à Bruxelles de restreindre rapidement l'accès au marché unique lorsque des pays étrangers sont considérés comme portant gravement atteinte à l'industrie européenne.

La proposition a été présentée par le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz dans une lettre conjointe au président de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Reuters rapporte que Paris et Berlin veulent que l'UE soit capable de réagir dans les jours où le commerce est utilisé comme arme économique ou lorsque des distorsions persistantes du marché menacent les entreprises européennes.

La proposition ne vise pas officiellement un pays donné. Toutefois, la Chine est clairement au centre du débat.

Les gouvernements européens sont de plus en plus préoccupés par le dumping, les subventions d'État importantes, les restrictions concernant les matières critiques et l'augmentation rapide des flux de produits manufacturés chinois en Europe.

Selon Euronews, le déficit commercial de l'UE avec la Chine a atteint 1 milliard d'euros par jour en 2025. Les responsables européens craignent de plus en plus que ce déséquilibre n'affaiblisse les grandes industries, notamment l'automobile, les produits chimiques, les produits pharmaceutiques, l'aérospatiale et les machines industrielles.

Macron et Merz font valoir que les mécanismes existants de défense commerciale de l'UE sont trop lents pour une économie mondiale dans laquelle la pression économique peut s'intensifier rapidement.

En vertu de leur proposition, la Commission européenne pourrait bénéficier de pouvoirs accrus pour imposer rapidement des restrictions. Les décisions pourraient être prises dans le cadre d'un système de majorité qualifiée inversé, ce qui rendrait plus difficile pour les États membres de bloquer l'action de la Commission et pourrait permettre l'adoption de mesures en quelques jours.

Dans des circonstances extrêmes, le mécanisme pourrait même permettre d'exclure immédiatement de certaines parties du marché intérieur de l'UE les biens ou services provenant d'un pays responsable de distorsions graves et systématiques.

Cette initiative représente un changement notable pour l'Allemagne, qui a traditionnellement favorisé l'ouverture du commerce et maintenu des liens commerciaux étroits avec la Chine.

La pression s'est toutefois accrue, les fabricants européens étant confrontés à une concurrence intense de produits chinois moins chers, tandis que les gouvernements cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers individuels pour des biens et des matières premières d'importance stratégique.

Le moment est important. Le commissaire européen chargé du commerce, M. Maroš Šefčovič, devrait se réunir à Beijing plus tard cette semaine pour discuter des tensions commerciales, tandis que les dirigeants européens devraient discuter des relations avec la Chine lors de leur sommet d'octobre.

L'initiative française allemande ne signifie pas qu'une guerre commerciale a commencé. Au lieu de cela, cela indique que les deux plus grandes économies d'Europe veulent que l'UE dispose d'une dissuasion beaucoup plus forte si les négociations échouent ou si la pression économique s'intensifie.

Pour les entreprises européennes, le résultat pourrait avoir des conséquences majeures. Une approche européenne plus sévère pourrait offrir une plus grande protection contre les importations fortement subventionnées, mais elle pourrait également accroître les possibilités de représailles et renforcer les relations avec l'un des principaux partenaires commerciaux de l'Europe.

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